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La mode et le vêtement dans
l'Ain révolutionnaire |
Jusqu’au 1er Empire, où la mode urbaine se popularise, le vêtement des pays de l’Ain est dicté par la coutume. L'habit du Bressan est composé d'un habit de grosse croisée teint en noir appelé baude. Sous cet habit se trouve une veste grise. Sa culotte grise descend jusqu’à la moitié de la jambe par dessus des bas de laine. Son chapeau est noir avec le bord arrière rabattu sur le cou. Il est chaussé de sabots. Son pantalon est protégé par un tablier de peau qui descend jusqu'au genou. La Bressane est habillée d'une robe étoffe de laine bleue à corset lassé. Pour protéger sa robe, elle porte un tablier de coton. Celles qui sont plus riches ont des robes d’étoffes plus fines d'un drap très beau avec des tabliers de soie les jours de fête. Leur coiffure consiste en une coiffe de toile placée en arrière et brodée de dentelle. Les jours de fête elles portent un chapeau noir particulier.
En Dombes, le vêtement, de drap grossier, est composé d'un gilet et d'une veste plus longue avec des poches externes. Le bas des jambes est protégé par des guêtres. Les femmes portent une robe d'une seule pièce de drap dont le bas est en forme de jupon plissé et dont les manches sont larges. Leur coiffe est en toile fine.
Le vêtement du Bugiste est le même que le Bressan exception faite du tablier et des sabots qui sont remplacés par des souliers ferrés. Contrairement aux Bressanes, les femmes ont un corset et une jupe séparés. Les femmes sont chaussées comme les hommes. Comme leurs vêtements, leur coiffure est différente de celle de la Bressane. Elles ont des chignons sous une coiffe relevée et bordée de dentelles.
Sous l’Ancien Régime, l’habitant du pays de Gex porte le chapeau bicorne et les cheveux longs attachés par un ruban. Un habit court, boutonné sur le devant. Les culottes sont retenues par un ceinturon et les mollets sont protégés par des guêtres appelées garaudes. Au travail, l’homme porte un tablier de peau. La Gessienne porte sur la tête une béguine, coiffe très vaste en toile de chanvre, relevée sur le bord et s’élargissant en ailes sur les côtés. La robe gessienne n’a pas de col jusqu’en 1793, et il faut un mouchoir carré plié diagonalement pour cacher les épaules.
La Révolution créée en France la liberté de se vêtir. Le costume masculin subit de grandes transformations sous la Révolution. En 1790, l’habit national bleu à collet, parements et revers rouges, sort du contexte militaire de la Garde Nationale et devient un habit largement utilisé par les patriotes de l’Ain. A partit de 1792, chez les patriotes et les militants révolutionnaires urbains comme ruraux, le chapeau laisse la place au bonnet phrygien. Si le bonnet rouge devient le symbole du militantisme révolutionnaire [1], il ne semble pas être porté en toutes occasions. Toujours présent dans la poche [2], il est sorti lors des fêtes civiques et des réunions de la société populaire [3]. La carmagnole remplace l’habit à basques et "le révolutionnaire pur porte la houppelande" comme Blanc-Désisles, Merle, Rollet-Marat et Jules Juvanon. De même la culotte, trop ancien régime, laisse la place à un pantalon à pont, soutenu par des bretelles inventées en 1792. L’influence des événements politiques sur l’habit se fait surtout sentir à partir de thermidor an II. Si la cocarde devient honnie [4], les extravagances vestimentaires des muscadins "entraînent naturellement des réactions qui font entrer la mode dans le domaine de la politique active" [5].
Avec l’avènement de l’Empire, « l’influence de la ville se fait sentir, condamnant les costumes régionaux » [6]. Le tissu des vêtements devient plus fin et apparaît, les jours de fêtes un vêtement plus soigné. L’habit de travail reste de toile grossière et l’usage des sabots de répand.
[1]
Foron de Trévoux offre à la société populaire, le 23 frimaire an 2, les
plumets et manteaux qui faisaient l'ornement des juges, pour ne porter que
le bonnet phrygien.
[2]
C’est de cette manière que le jour de leur assassinat Merle et Juvanon
portent leur bonnet rouge.
[3]
Le 17 octobre 1793, la société des sans-culottes de Montluel décide que son
président portera un bonnet rouge. Jean Marie Borron de Treffort est chargé
par la société de Treffort, le 30 pluviôse an II, de l’achat de quatre
bonnets rouge pour les censeurs de la société.
[4]
Geindre de Gex déclare, le 25 fructidor an II, à plusieurs femmes de Gex,
que le fait de porter une cocarde tricolore est signe d’appartenance au
parti de Robespierre.
[5]
TOUDOUZE (G.G.) : le costume français. Larousse éditeur, collection
Arts, styles et techniques, Paris, 1945, 174 pages.
[6]
TULARD (Jean) : La vie quotidienne des Français sous Napoléon.
Hachette éditeurs, Paris, 1978, page 59.
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© Jérôme Croyet
2005 |