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Les arbres de la Liberté à
Grenoble |
Si les premiers arbres de la Liberté sont plantés en France dès 1790, il faut attendre la grande vague de plantations de l’après déclaration de la guerre en 1792, pour que les arbres de la Liberté fleurissent, celui de Grenoble est planté suite à une délibération de la municipalité le 24 juin 1792. L’image symbolique que donnent les révolutionnaires de la plantation de l’arbre de la Liberté n’est autre que la reprise de la tradition du mai d’honneur “pour l’appliquer à l’amour de la liberté ” [1] pour en faire une image idyllique où l’arbre “remplit une fonction pédagogique et civique ” [2]. “Humanisé et sacralisé, il symbolise la liberté mais aussi la fraternité et l’unité ” [3].
L’arbre de la Liberté est durant toute la Révolution le lieu de convergence de l’engagement révolutionnaire et de démonstration de l’attachement aux valeurs révolutionnaires puis républicaines : "arbre sacré, symbole de notre liberté, c'est auprès de toi que nous viendrons prêter le serment fédératif de tous les Français…tu seras le point de notre ralliement" [4]. C’est le cas à Grenoble lors de la fête de la Reconnaissance sous le Directoire.
La plantation de l’arbre de la Liberté de Grenoble prend une tournure festive à laquelle doivent s’associer tous les républicains : il est le signe de ralliement au nouveau pouvoir. Lors de la fête donnée pour la plantation de l'arbre de la Liberté de Grenoble, le 24 juin 1792, sont présents le 101e de ligne, le 4e régiment d'artillerie, les volontaires du Gard, des Basses Alpes et de l'Isère. La Garde Nationale de Grenoble, en tout 4 000 hommes de troupe, les membres de la société des Amis de la Constitution, les membres de la municipalité, des directoires du département, du district et des tribunaux, les membres de l'état major du général Montesquiou.
Après un premier texte législatif sur la plantation des arbres de la Liberté, le 3 pluviôse an II, cette pratique se ralentit après le 9 thermidor an II jusqu’au 28 pluviôse an VI, lorsque le Directoire fait de cette plantation une fête révolutionnaire. La symbolique liée à l’arbre ne fait pas toutefois l’unanimité. Si durant l’an II, l’animation civique tourne autour de l’arbre, durant le Directoire, la ferveur religieuse ranimée par les missions des nombreux prêtres réfractaires pousse certains croyants à s’attaquer au symbole qu’est l’arbre de la Liberté. Toute fois en Dauphiné, et à Grenoble en particulier, la plantation des arbres de la Liberté atteignent leur but en mobilisant la masse.
[1]
Mission du Bicentenaire de la Révolution Française : Les arbres de la
Liberté, Bicentenaire de la Révolution Française, 1989.
[2]
Ibid.
[3]
LIRIS (Elisabeth) : "le symbolisme révolutionnaire" in l'état de la
France pendant la Révolution Française. Editions de la Découverte,
Paris, 1988.
[4]
Journal patriotique de Grenoble et du département de l'Isère, n°58. 28 juin
1792.
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© Jérôme Croyet |