Jean Lambert Fidèle Amable
Rouph
DE VARICOURT (1766-?) [23 ans en
1789]
Un espion
contre-révolutionnaire : Lambert
Rouph de Varicourt
Jean
Lambert Fidèle Amable Rouph, baron de Varicourt naît en 1766. Il sert comme
capitaine au corps royal du Génie. Lorsqu’éclate la Révolution, Lambert Rouph
est capitaine à la 59e compagnie de vétérans détachés. Il est logé à
partir de décembre 1790 à Fort l’Ecluse, sur le Rhône, frontière de la France et
de la Savoie non encore annexée.
Comme
beaucoup de nobles de l’Ain, il n’émigre, avec ses frères, Louis Marie Joseph*
et Marie Jacques*,
qu’à partir de 1791. Il entre dans l’armée des Princes et combat les troupes
françaises en Champagne. Attaché à l’état major du Roi de Prusse, il entre au
service de la Suisse, où le gouvernement de Berne le nomme major et aide de camp
du général en chef comte d’Erlach, en 1797.
Grièvement blessé le 5 mars 1798 à
la bataille de Grauholz, il parvient à échapper à la capture mais aussi au
massacre, Rodolphe d’Erlach ayant été assassiné par ses propres soldats. Sauf,
il entre au service de l’Angleterre, comme membre de l’Etat Major des Corps
Suisses, d’autant plus facilement que les origines anglaises de sa famille
facilite son engagement contre-révolutionnaire. Militaire mais aussi apprécié
des Anglais pour ses qualités de « diplomate », Lambert Rouph “became
Wickham’s liason with suiss regiments under the alias of Langenberg”*
sous le nom de Varicourt.
Espion à la solde de l’Angleterre, il est employé
auprès des armées de Souvarov, sur le Rhin et en Autriche, où il assiste à la
bataille de Hohenliden. Malgré la paix d’Amiens, Lambert Rouph ne désarme pas.
Il quitte le service de l’Angleterre pour être nommé lieutenant colonel dans le
régiment suisse de Roll, à la solde de l’Electeur de Mayence. Là, il essaye de
faire comprendre l’intérêt de passer par le Jura et l’Ain pour attaquer la
France. Mais sa trahison est éventée : le 15 nivôse an VIII, le ministre de la
Police Générale avertit le commissaire du pouvoir exécutif de l’administration
centrale du département de l’Ain qu’à Mayence, un dénommé Varicourt, ingénieur
émigré, a donné au comité anglais un mémoire sur les positions avantageuses dans
les montagnes suisses.