Jean-Bon SAINT-ANDRÉ (1749-1813)
[40 ans en 1789]

Elève jésuite, Saint André est en passe de le devenir lui même jusqu'à ce que son calviniste de père ne le retire du collège pour le destiner à la marine marchande. Il finit tout de même à devenir pasteur en 1773 mais est poussé à la démission en 1782 après un conflit avec sa hiérarchie. Il ne retrouvera ses fonctions religieuses qu’en 1788 à Montauban avant d’adhérer à la Société des Amis de la Constitution de cette ville. Saint André échoue aux élections Législative mais entre au conseil municipal. Il finira par se faire élire à la Convention par le département du Lot. 

Il y siège d’abord à droite en compagnie de ses amis Girondins mais se désolidarise peu à peu du groupe pour se retrouver finalement sur les bancs de la Montagne. Le 12 octobre 1792, il achève sa mue en attaquant les Girondins qui s’attaquent à la Commune de Paris et qui réclament le renforcement de la garde de la Convention. Saint André se prononce ensuite pour la mort de Capet avec ces mots magnifiques : " un roi, par cela seul qu’il est roi est coupable envers l’humanité car la royauté même est un crime ". Il prend ensuite position contre les poursuites envers les massacreurs de septembres et défend ardemment la création du tribunal révolutionnaire. La Convention l’envoie accélérer la levée en masse dans le Lot et en Dordogne. Il ne rentre à Paris que pour voir la Gironde achevée son agonie. 

Le 10 juillet 1793, il entre au Comité de Salut Public chargé de la Marine. En tant que président de la Convention, Saint André est chargé de lire l’éloge funèbre de Marat, récemment assassiné, il s’en acquitte avec une sécheresse qui montre le peu de sympathie qu’il éprouve envers l’Ami du Peuple. Il part en suite à Brest et à Toulon ou il s’efforce de réorganiser la marine. Quoique robespierriste, Saint André se tient à l’écart de la lutte entre factions et échappe au 9 thermidor. 

Il sera interné quelques temps puis bénéficiera de la loi d’amnistie votée par la Convention avant de devenir Consul à Smyrne. Lorsque l’empire Ottoman rompt avec la France, Saint André est de nouveau enfermé dans les geôles turques de 1798 à 1800. Bonaparte fera de lui un préfet et un baron d’Empire. Saint André finira par s’éteindre à Mayence le 10 décembre 1813. Il aura toute sa vie fait preuve une honnêteté totale et d’une efficacité reconnue par bon nombre de ses collègues.



Notice écrite par Yohan Senez
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Notes et Archives 1789-1794