Thomas-Marie ROYOU (1743-1792)
[46 ans en 1789]

Sous l’Ancien régime, c’était un personnage en vue, déjà très engagé dans la cause « anti-philosophique » : prêtre, beau-frère de Fréron, le polémiste ennemi de Voltaire, il était son associé dans l’Année Littéraire. Il enseignait également la philosophie au collège Louis-le Grand. La Révolution, qu’il détesta immédiatement, le poussa à prendre parti pour la monarchie. Avec Montjoye, il fonda en 1790 L’Ami du Roi. Il s’agissait d’un journal très engagé à droite, mais qui ne pratiquait pas la polémique exaltée des Actes des Apôtres. Les Révolutionnaires y étaient attaqués avec méthode, et les principaux chevaux de bataille de Royou étaient le complot (thème dont la gauche n’avait pas l’exclusivité) fomenté par les Jacobins contre le Roi, et surtout contre la propriété. Il mettait en garde contre la démagogie et la tolérance à l’égard des pauvres, « classe qui enfante les séditions, les violences, les brigandages, les attentats contre l’ordre public, » « êtres à qui on a ôté toute espèce de frein, qui n’ont plus ni religion, ni moeurs, ni principes, qui n’aiment la liberté qu’autant qu’elle favorise la licence. » Aidé de son frère, Jacques-Corentin, il obtint un beau succès. 

Son journal fut parfois tiré à 5000 exemplaires. Mais jugé trop violent, il fut interdit par la Législative en mai 1792 (par souci d’équilibre, l’ Ami du Peuple de Marat fut interdit en même temps). Le 21 mai, Royou fut décrété d’accusation. Il parvint à se cacher, mais il succomba bientôt à la maladie et à l’épuisement.



Notice écrite par Claudine Cavalier
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© Philippe Royet 1996-2007
Notes et Archives 1789-1794