Gilbert ROMME (1750-1795)
[39 ans en 1789]

Après une formation riche en sciences et
en mathématiques chez les Oratoriens de Riom, Romme passe cinq ans à
Paris, où il participe à la vie philosophique et scientifique de la ville, puis sept ans en Russie comme précepteur de Paul Stroganov, fils du comte A.S.
Stroganov. Rentré en France en 1788, il se lance dans la vie politique. Élu à
la Législative en 1791, il participe avec Condorcet au Comité d’Instruction.
Sympathisant des Girondins à la Législative, il
prend place à la Convention parmi les Montagnards. Il vote en faveur de l’exécution
de Louis XVI et participe aussi au Comité d’instruction. Le 30 avril 1793 il
est nommé représentant en mission auprès de l’armée des Côtes de
Cherbourg. Arrêté à Caen le 9 juin avec son collègue Prieur de la Marne
comme otage par les Girondins déchus, il est libéré le 29 juillet après l’écroulement
du fédéralisme en Normandie.
Avant la mission en Normandie, Romme travaillait
sur le projet d’un calendrier républicain. Le 17 septembre il présente son
rapport au Comité d’Instruction Publique, qui l’accepte, sans pouvoir
s’accorder sur la nomenclature. Le 5 octobre la Convention adopte le nouveau
calendrier. Le 24 octobre (3 brumaire An II) la Convention adopte la
nomenclature proposée par Fabre d’Églantine.
Le 5 ventôse (23 février 1794) Romme part en
mission pour organiser dans le Sud-Ouest la manufacture de canons pour la
marine. Ne rentrant à Paris que le 5 vendémiaire An III, il ne participe pas
aux évènements du 9-10 thermidor. Quand il revient de sa mission, la réaction
thermidorienne bat son plein. Il reprend sa place à la Convention parmi les
gens de " la Crête ", la trentaine de députés qui sans être "
robespierristes " restent fidèles aux idéaux de la Montagne. Cause
perdue : après sept mois de lutte au sein de la Convention, les Crêtois se
retrouvent de plus en plus isolés.
Le 1er Prairial, une masse de
manifestants des sections populaires portant le slogan " Du pain et la
constitution de 93 " envahit la Convention, massacre le courageux député
Féraud, et occupe la salle. Romme monte à la tribune et fait voter des mesures
demandées par la foule. Mais après plusieurs heures, des troupes qui attendent
dehors entrent dans la salle et mettent en déroute les émeutiers. Romme est
arrêté, ainsi que plusieurs de ses amis ayant appuyé l’émeute au sein de
la Convention. En attendant le procès, les accusés s’accordent pour mettre
fin à leurs jours en cas de condamnation à mort. Le 29 prairial, Romme et cinq
autres sont condamnés à la peine de mort. Alors que "les derniers
Montagnards " descendent l’escalier pour monter dans la charrette, son
camarade Goujon sort un couteau caché, se frappe au cœur, et le passe à
Romme…. " Je meurs pour la République " seront ses derniers mots.
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Notice écrite par Hendon Chubb |
© Philippe Royet 1996-2007 |