Jean-Marie
ROLAND de la Platière (1734-1793)
[55 ans en 1789]

Thizy
1734- Bourg-Beaudoin 1793
Il fit carrière, avant la Révolution, dans l’industrie et le commerce. Économiste célèbre, il collabora à l’Encyclopédie. En 1780, il épousa Manon Phlipon, et fut nommé inspecteur des manufactures d’Amiens. Il publia plusieurs traité techniques, comme l’Art du fabricant d’étoffes en laine, et voyagea en Italie, en Suisse et en Angleterre. En 1784, il devint inspecteur des manufactures dans la généralité de Lyon. Il se fit dès lors appeler Roland de la Platière, du nom d’une propriété qu’il possédait dans le Beaujolais.
Sympathisant de la Révolution, il fut élu, en 1790, au Conseil Général de la Commune de Lyon. En 91, il vint à Paris présenter à l’Assemblée les problèmes de l’industrie locale. Il y rencontra les futurs Girondins et se lia avec eux, ainsi qu’avec Robespierre. Il rédigea un Dictionnaire des manufactures. Membre du club des Jacobins, il entra au ministère en 1792, à l’Intérieur. Le 10 juin, il écrivit au roi (la lettre fut probablement rédigée par sa femme) pour lui demander de renoncer au veto et de sanctionner les décrets de l’Assemblée. Il fut renvoyé trois jours plus tard, en même temps que Clavière et Servan, et fit dès lors profession de républicanisme. Il retrouva son portefeuille après le 10 août.
Il ne fit rien pour empêcher les massacres de septembre, ni le vol du Garde-Meuble, mais fut élu à la Convention par la Somme. Il refusa son siège de député pour conserver son poste ministériel. A ce poste, il mena une ample campagne de presse contre les Montagnards, particulièrement Robespierre.
Au cours du procès de Louis XVI, il découvrit des papiers dissimulés dans une cachette secrète, l’Armoire de fer. Il en informa l’Assemblée, mais tria probablement, avant de les lui communiquer, les pièces qu’il avait trouvées, en éliminant celles qui auraient dévoilé la collusion de la Gironde avec la cour, notamment en juin et juillet 92. Pendant le procès, il tenta d’obtenir l’appel au peuple mais échoua, récoltant en fait la haine définitive de la Montagne qui le traîna dans la boue. Il démissionna le 23 janvier.
Il se retira chez lui et voulut quitter Paris, mais la Convention le lui interdit. Le 31 mai, il fut arrêté à son domicile par des sectionnaires, mais refusa de les suivre. Mis hors la loi, il s’enfuit et se cacha à Montmorency puis à Rouen. Le 15 novembre, il se suicida en apprenant l’exécution de sa femme.
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Notice écrite par Claudine Cavalier |
© Philippe Royet 1996-2007 |