Antoine Rivaroli, dit comte de RIVAROL (1753-1801)
[36 ans en 1789]

Bagnols 1753, Berlin 1801

C’était le fils d’un aubergiste italien, qui s’était installé en Languedoc. Après des études sans enthousiasme au séminaire d’Avignon, il devint précepteur à Lyon puis à Paris. Beau, brillant, adoré des femmes, il se tailla un franc succès dans les salons de la capitale, où il commença de se faire appeler « comte de Rivarol ». En 1784, il obtint le prix de l’Académie de Berlin pour un Discours sur l’universalité de la langue française. Il traduisit l’Enfer de Dante, mais son vrai talent était celui de satiriste. Dans ce domaine, il fut sans rival. Dès 1788, il ridiculisa les gloires littéraires du moment dans le Petit Almanach de nos grands hommes. Au Mercure, il se livra à un jeu de massacre impitoyable contre les célébrités, et polémiqua avec Beaumarchais, Buffon et Madame de Genlis.

A la révolution, il se rangea parmi les monarchistes, et se lança dans la satire violente des révolutionnaires et de leurs idées. Il publia d’abord au Journal politique national, puis dans les Actes des Apôtres. Ses textes étaient si outranciers que Louis XVI lui-même dut intervenir pour qu’il se modérât. Il essaya malgré tout (comme tant d’autres...) de conseiller la Cour, et il écrivit au Roi par l’intermédiaire de Xavier de La Porte. Il fut un des plus redoutables adversaires de Mirabeau, d’Orléans et de Lafayette. Il publia en 1791 son Dictionnaire des Grands Hommes de la Révolution, son chef d’ oeuvre.

Il émigra en 1792 et se réfugia à Bruxelles, où il publia de nombreux pamphlets, dont la Lettre à la noblesse française qui le fit apprécier chez les émigrés. Il dut partir pour Londres lors de l’invasion de la Belgique, et il erra un moment en Europe. Agent du comte de Provence, il le représentait à Berlin auprès de Frédéric II lorsqu’il mourut.



Notice écrite par Claudine Cavalier
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Notes et Archives 1789-1794