André Boniface Louis de Riquetti, vicomte de
MIRABEAU, dit Mirabeau-Tonneau (1754-1792)
[35 ans en 1789]

Né
le 30 novembre 1754.
Il
est le troisième fils du marquis Victor de Mirabeau et de Marie Geneviève de
Vassan. C'est le frère du tribun. Dès juillet 1775 il est reçu à l'ordre de
Malte se qui ne l'empêchera pas de mener une vie des plus dissolue et ce dès
son plus jeune âge. Il entrera d'abord dans un régiment de cavalerie puis en
1776 il passera dans l'ordre de Malte dont il est chevalier. Il en sera chassé
pour avoir insulté une procession et rentrera en France en 1778. Il ne prendra
jamais parti dans les disputes incessantes entre ses parents et malgré sa débauche
restera, contrairement à son frère le futur tribun, en bon terme avec son père.
Il
participera avec une indiscutable bravoure à la guerre d'Indépendance Américaine
qu'il terminera avec le grade de colonel et le titre de chevalier de St Louis. A
son retour en France il reprendra sa vie de débauche et, son embonpoint du à
ses abus lui vaudra le surnom de Mirabeau-Tonneau. Il deviendra vers cette époque
Franc-maçon à Paris, membre de la loge du Contrat social.
Il
siégera à l'assemblée de la noblesse du Haut-Limousin comme procureur de sa mère
qui possédait la baronnie de Pierrebuffiére, en deviendra secrétaire puis le
22 mars 1789 sera élu député aux Etats Généraux, le second sur deux.
A
l'Assemblée de la noblesse, il sera l'un des principaux opposants à la réunion
des trois ordres et jurera de rester dans cette chambre même s'il devait y être
le dernier. Après la journée du 20 juin il envisagera de démissionner et
adressa une lettre à la chambre de la noblesse du Ht-Limousin où il précisait
que : Prévoyant que la majorité des voix de l'Assemblée des
Etats Généraux, opinait pour le voto (sic)
par tête, il priait instamment ses commettants de vouloir bien lui nommer
un suppléant, s'étant déjà décidé, pour cette cause, à ne point enter
dans l'Assemblée nationale.
Le
29 juillet 1789, un suppléant lui fut donc désigné. Il ne donna pourtant pas
suite à son projet de démission
et son suppléant ne sera pas
appelé à siéger.
Lorsque
la réunion des trois ordres sera effective, il siégera à l'extrême droite de
l'Assemblée. Il en sera secrétaire le 14 septembre et le 12 novembre 1789.
Aulard le placera parmi les quatre vingt seize orateurs de la Constituante. Il
interviendra en effet très souvent sur tout les sujets, toujours de façon polémique
et pour défendre les positions les plus réactionnaires. Il écrira également
de nombreux pamphlets et collaborera aux Actes
des Apôtres.
Il
est intéressant de noter que lors de ses nombreuses interventions à la
tribune, il lui arrivera de défendre les intérêts de la province qui bien que
l'ayant élu n’était pas la sienne. Dans
la séance du 12 août 1789 il admettra que le Gouvernement n'aurait pas
du faire relever les murs d'enceinte de Paris, mais il insiste pour que les maçons
limousins qui y ont travaillé soient promptement payés. Il appuiera et fera
aboutir une demande de la municipalité de Limoges qui sollicite des secours
pour lutter contre la disette.
Son désaccord étant complet avec toutes les réformes préconisées par l'Assemblée il émigrera en juillet 1790. Sa lettre de démission de député datée du 15 août d'Aix la Chapelle sera communiquée à l'Assemblée le 26. Il ne sera pas remplacé.
Il
formera un régiment qu'on appellera la légion noire et qui était composé en
grande parti de déserteurs français casernés en Alsace. Chargé de commander
l'avant garde de l'armée de Condé, il engagera le combat le 13 août 1792 avec
les français occupant Fort-Louis, mais se ne sera qu'une escarmouche sans conséquence.
Il sera destitué suite à une opération sans gloire à Neuhausel. Il est mort
d'une attaque d'apoplexie à Fribourg le 15 septembre 1792.
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Notice écrite par J.M.
Ruthon A. Aulard, Les orateurs de la Rév E. Lemay, dictionnaire des Constituants, Paris 1991. A. Fray-Fournier, Cahiers de doléances et notices sur les députés de la Hte-Vienne. Limoges 1893. |
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