Etienne MAIGNET (1758-1834)
[31 ans en 1789]

Né à Ambert le 9 juillet 1758, mort à Ambert le 22 octobre 1834.

Avocat à Ambert, se ville natale, il rédigea le cahier de doléance de son baillage, et devint, en 1790, membre du Directoire du nouveau département du Puy de Dôme. Elu à la Législative, il y fut membre du Comité des secours. Réélu à la Convention, il vota pour la mort du roi et contre l’appel au peuple.

A partir d’avril 93, il prit part à plusieurs missions où il joua un rôle important. A l’armée de Moselle, en juillet, il dirigea l’approvisionnement de Metz. En août, adjoint avec Couthon et Châteuneuf-Randon à l’armée des Alpes, il participa à la levée de trente mille hommes qu’organisa Couthon dans le Puy de Dôme, et conduisit lui-même une des colonnes devant Lyon. Après la prise de la ville, il se montra modéré dans l’organisation des représailles, et demanda rapidement son rappel. Il repassa alors par Clermont, toujours avec Couthon, et prit une part considérable à la « cure révolutionnaire » entreprise par ce dernier, surtout en ce qui concerne la déchristianisation. Il s’illustra spécialement dans les fêtes iconoclastes, par exemple à Billom où il fut l’instigateur de l’ « affaire du sacré sang » : une ampoule censée contenir du sang du Christ, source de guérisons miraculeuses, fut brisée par ses soins, et l’analyse de son contenu par un chimiste révéla un mélange résineux…

Le Comité de salut Public l’envoya ensuite dans les Bouches-du-Rhône et dans le Vaucluse. A Marseille, il s’opposa aux violences démesurées de Fréron, et empêcha le changement de nom de la ville. Il s’occupa de subsistances et parvint à éviter la famine dans la région. A Avignon, il fit arrêter Jourdan Coupe-Têtes, célèbre assassin et pilleur, qui s’était notamment illustré lors des massacres de la Glacière et qui, sous la protection du conventionnel Rovère, avait constitué une association qui achetait à bas prix les biens nationaux. Il sollicita et obtint du Comité de Salut Public la création d’un tribunal d’exception, la Commission d’Orange, qui devait par la suite mal fonctionner et faire de nombreuses victimes.

A Bédouin, lorsqu’un arbre de la Liberté fut arraché et que les décrets de la Convention furent détruits publiquement dans la nuit du 12 au 13 floréal, il somma les coupables de se dénoncer et, devant leur refus, fit incendier, après sommation et évacuation, quelques maisons du village. Il fut sur le moment approuvé par le Comité de Salut public et la Convention, mais après la chute de Robespierre, Rovère l’attaqua à ce sujet et il fut décrété d’arrestation le 16 germinal an III (5 avril 95). Il s’enfuit et se cacha jusqu’à l’amnistie générale décrétée à la dernière séance de la Convention.

Il reprit alors son office d’avocat, où il devint très populaire par les secours qu’il accordait aux pauvres, allant jusqu’à y consacrer la presque totalité de son chiffre d’affaires. Il refusa sous le Directoire et le Consulat toutes les offres d’emplois qui lui furent faites, et lorsqu’en 1816, il fut frappé d’exil comme régicide, tout son département le soutint, même les autorités religieuses qu’il avait pourtant combattues en l’an II. Il se cacha à nouveau, chez lui, dans sa petite maison au dessus d’Ambert, où ses concitoyens le protégèrent et l’entretinrent, et où il mourut d’apoplexie en 1834.



Notice écrite par Claudine Cavalier
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