Jean Baptiste LOUVET de Couvray (1760-1797)
[29 ans en 1789]

Louvet

Né le 12 juin 1760.

Il était le fils de Louis, mercier papetier. Commis chez un libraire, c'est là qu'il prit goût à la littérature. En 1787 il publia Une année de la vie du chevalier Faublas, qui connut un grand succès. Une suite paraîtra l'année suivante intitulée Six semaines de la vie du chevalier de Faublas. Enfin en 1790 il publiera La fin des amours du chevalier de Faublas. Cette série sera rééditée en 4 volumes illustrés de 27 gravures en 1798 et sera intitulée de son titre définitif : Les amours du chevalier de Faublas. En 1791 il publiera un nouveau roman Emilie de Vernont, ou le Divorce nécessaire et les amours du curé Sevin. La même année il écrira quelques pièces de théâtre.

Mais, c'est dès juillet 1789 qu'il se lance dans la Révolution et publie Paris justifié en réponse à Mounier qui attaquait les journées d'octobre. Membre de la section des Lombards il aura vite une grande influence au sein du Club des Jacobins. Il entrera rapidement en relation avec Roland, et le 25 décembre 1791 il sera l'auteur d'une pétition contre les Princes qui sera décrétée d'impression. Roland devenu ministre de l'intérieur financera son journal mural La Sentinelle. Partisan de la guerre il s'opposera à Robespierre sur ce point. Après le 10 août qu'il soutint, il justifiera les massacres de septembre.

En septembre 1792, il est élu député à la Convention par le département du Loiret, le 8e sur 9. Il siégera avec les Girondins et attaquera souvent avec une extrême violence les Montagnards et en particulier, Robespierre, Danton et Marat. Lors du procès du roi il vote pour l'appel au peuple, pour la mort mais seulement après l'adoption de la constitution par le peuple et pour le sursis. Le 13 avril 1793 lors de la mise en accusation de Marat, il se récusa ne voulant pas se prononcer contre un ennemi personnel. Ses positions de plus en plus en opposition par rapport à celles des sections parisiennes et des chefs de la Montagne ferons que des le 15 avril 1793, les sections demanderont sa mise en accusation. Le 2 juin il sera compris dans la liste des députés décrétés d'arrestation chez eux mais il s'évadera de Paris pour rejoindre les Girondins à Caen. Par la suite, après l'échec de l'insurrection il passera en Bretagne puis en Gironde puis rentrera à Paris le 6 décembre 1793 ou il se cachera. Lors de sa remonté vers la capitale, il passera par Limoges ou il trouvera de l'aide. Après quelques semaines passées à Paris il partira pour la Suisse et y vivra jusqu'en vendémiaire de l'an III (octobre 1794).

Ayant été mis hors la loi en 1793 ce n'est que 18 ventôse an III (8 mars 1795) qu'il sera admis à siéger à la Convention. Le 1er messidor (19 juin) il deviendra président de l'assemblée et le 15 du même mois (3 juillet) il sera appelé au Comité de Salut Public. Contrairement à de nombreux anciens proscrits il ne se tournera pas vers la réaction et restera au contraire un ferme républicain. Cette attitude des plus digne excitera la colère et les injures de la Jeunesse Dorée.

Huit départements le désigneront pour siéger au Corps Législatif ou il sera appelé au Conseil des Cinq-Cents. Il optera pour la Hte-Vienne. Il sera désigné pour sortir le 1er prairial an V (20 mai 1797) et ne sera pas réélu.

Il convient de toujours être prudent avec les Mémoires des anciens Conventionnels, mais ceux de Louvet sont écrits peu de temps après les faits. Ils méritent d’être lu, surtout les chapitres dans lesquels il explique ses pérégrinations de proscrit poursuivi par les Montagnards. De plus son style est agréable. Par contre Louvet n’était pas un grand politique, provocateur poussé par le couple Roland il fit dans ce cadre plus de mal que de bien.

Nommé Consul à Palerme il décédera sans avoir rejoint son poste, le 8 fructidor an V (25 août 1797).



Notice écrite par J.M. Ruthon
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