Elisée LOUSTALOT (1762-1790)
[27 ans en 1789]

Saint-Jean d’Angély 1762, Paris 1790

Après des études de droit à Bordeaux, il fut reçu avocat. Mais il eut rapidement des ennuis : il attaqua dans un mémoire la sénéchaussée de sa ville natale, ce qui lui valut d’être suspendu pour six mois. Il monta alors à Paris pour tenter de s’y faire une place.

Il se lança tout de suite dans les activités révolutionnaires. Le premier exemplaire de son journal, Les Révolutions de Paris, parut le 14 juillet 1789, et il y racontait comment il avait assisté, le 12, à la harangue de Desmoulins au Palais-Royal. Il avait trouvé un éditeur, et un exploiteur, dans la personne de Prudhomme, qui lui associa rapidement d’autres rédacteurs, dont Sylvain Maréchal. Mais assez rapidement il assura presque toute la rédaction du journal. Il composa sa célèbre épigraphe :

                            Les grands ne nous paraissent
                                                  grands
                            que parce que nous sommes à genoux.
                                                  Levons-nous.

Le journal, qui paraissait tous les dimanches, comptait de 40 à 60 pages : son thème principal était la défense intransigeante des tous nouveaux Droits de l’homme. Il faisait particulièrement campagne pour la liberté de la presse, sans préjugés politiques : il défendait aussi bien L’Ami du Peuple que les Actes des Apôtres. Il défendait aussi les hommes lorsqu’il estimait leurs causes justes : il défendit ainsi Bailly contre Marat, et Marat contre le gouvernement. Mais son sujet principal était la dénonciation de la misère populaire et de l’exploitation des plus faibles. Loustalot ne signait pas ses articles (le journal ne portait que le nom de son éditeur). Il se mêla aussi d’agitation révolutionnaire. Il haranguait la foule au Palais-Royal. Le 31 août 1789, il entraîna des pétitionnaires à l’Hôtel de Ville, pour demander la convocation des districts et leur proposer de discuter la révocation des députés de Paris, et de nouvelles élections, avec mandat spécial pour refuser le veto royal. Il n’eut guère de succès.

Mais la santé de Loustalot n’était pas bonne, et l’excès de travail qu’il s’infligeait la compromit définitivement. Il mourut en septembre 1790, à vingt-huit ans. Dans son dernier article publié, il se désolait du massacre des Suisses de Châteauvieux, et la légende veut même qu’il soit mort de douleur à la suite de cet événement. Les Jacobins et les Cordeliers prirent le deuil pendant trois jours, et Legendre prononça un éloge funèbre sur sa tombe. C’était juste : Loustalot est un des très grands représentant de l’esprit de liberté et de justice de la Révolution, et il est mort en s’épuisant à défendre ses idéaux.



Notice écrite par Claudine Cavalier
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Notes et Archives 1789-1794