Philippe François Joseph LEBAS (1764-1794)
[25 ans en 1789] 

Lebas

Né à Frévent le 4 novembre 1764.

Fils d’un intendant – notaire du prince de Rache, il fait ses études au collège Montaigu à Paris. Il passe ses grades d’avocat en 1789 et commence sa carrière à Paris avant de s’établir à Saint-Pol rappelé par son père. Il est très vite emporté par le tourbillon révolutionnaire et rêve d’y jouer un rôle : Il assiste le 14 juillet 1790 à la fête de la fédération ; l’année suivante il est administrateur du Pas de Calais, il se fait ainsi connaître et est élu député à la convention en 1792.

D’un caractère doux et modéré et plutôt discret, il n’est pas disposé à se mettre au devant de la scène. Il définit lui-même sa façon de faire la politique : « trop de grands talents se font distinguer à la Convention pour que j’émette une opinion que d’autres développeront mieux que moi… »,et « ce n’est pas de notre gloriole personnelle qu’il s’agit aujourd’hui mais du salut de la République ».

Même s’il est modeste, il a des convictions et des principes très affirmés : Il est montagnard, ami de Robespierre et de Saint-Just, lors du procès du roi, il vote contre l’appel au peuple, pour la mort et contre le sursis.

Lebas n’est pas un homme d’assemblée mais il est un remarquable représentant aux armées au côté de Duquesnoy d’abord, et ensuite de son ami Saint-Just, qu’il seconde brillamment lors de trois grandes missions entre octobre 1793 et mai 1794 qui auront pour résultats le dé-blocus de Landau, et la victoire de Fleurus (juin 1794).

Il exerce néanmoins des fonctions personnelles, il est membre du comité de sûreté générale le 14 septembre 1793 ; mais là encore, il se montre très discret se contentant souvent d’écouter ses collègues. Il semble avoir trouvé une charge plus dans son caractère comme administrateur de l’école de Mars le 2 juin 1794, fonction à laquelle il se consacre entièrement.

La grandeur de Lebas n’est pas dans sa carrière politique (sans éclat), mais dans sa fidélité en politique (qualité rare). C’est en effet le 9 thermidor qu’il livre son message le plus fort, alors que personne ne souhaite son arrestation, il demande lui-même à partager le sort de ses amis Robespierre et Saint-Just. Arrêté, il se suicide quand il se rend compte que tout est perdu le 10 thermidor.

Il avait épousé Elisabeth Duplay, la fille du menuisier qui hébergeait Robespierre et son fils devint plus tard historien et précepteur du jeune Louis-Napoléon, futur Napoléon III.   



Notice écrite par Sophie Vidal
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Notes et Archives 1789-1794