Anne-Louis Henri de LA FARE
(1752-1829)
[37 ans en 1789]
Luçon 1752, Paris 1829
Issu d’une famille de vieille noblesse languedocienne, il était le fils du marquis de la Fare, capitaine de cavalerie au régiment de Chabrillant. Il fit des études au collège d’Harcourt, où il se lia avec Talleyrand d’une amitié qui devait durer toute leur vie. Il entra ensuite au séminaire de Saint-Sulpice.
En 1776, il fut ordonné prêtre et devint aussitôt vicaire général de l’évêque de Dijon. De 1784 à 1787, il fut général du clergé aux Etats de Bourgogne, où il se révéla un bon administrateur. En 1787, il fit partie de l’Assemblée des Notables, au bureau de Condé. Il était favorable à l’égalité fiscale, mais trop attaché aux institution traditionnelles pour devenir un révolutionnaire. Le même année, il fut nomme évêque de Nancy. Il présida la commission de rédaction du cahier du clergé, et fut élu député aux Etats Généraux ; le 4 mai, ce fut lui qui prononça, dans l’église Saint-Louis, le sermon d’ouverture des Etats.
Violemment anti-philosophique comme on pouvait s’y attendre, son texte a suscité néanmoins quelque émoi : il s’y permettait une attaque sévère contre le luxe, et rappelait par contraste la grande misère des campagnes françaises… Aussi ne fut-on pas surpris de l’entendre, la nuit du 4 août, exhorter le clergé à renoncer aux droits féodaux. Toutefois il demandait le rachat pour les fonds ecclésiastiques, mais afin que les sommes récupérées permettent des placements « utiles pour l’indigence ».
Proches des impartiaux, il vota contre la vente des biens du clergé, et en février 90, défendit sans succès les ordres religieux contre Barnave. Le même mois, il proposa que le catholicisme fût déclaré religion nationale. Il s’opposa à la suppression de la dîme, et prit parti contre l’émancipation des Juifs : il souhaitait qu’ils fussent soumis à un statut spécial de semi-citoyenneté, qui serait élaboré pour eux par un Comité particulier.
L’évolution de la révolution lui devint vite insupportable : en vain il protesta contre ses avancées. De retour à Nancy, il s’opposa de toutes ses forces à la Constitution Civile Clergé, mais devant son échec, il émigra. Réfugié à Trêves, il fut un temps administrateur des finances de l’armée du Prince de Condé. En 1795, il devint représentant de Louis XVIII à Vienne. Il négocia le mariage de Madame Royale et du Duc d’Angoulême.
En 1801, il protesta contre la Concordat, et signa avec 37 autres évêques, en 1803, les Réclamations Canoniques et très respectueuses à Pie VII, qui avait traité avec Bonaparte.
Sous la restauration, il fut nommé archevêque de Sens et évêque d’Auxerre, puis, en 1823, Pie VII le fit cardinal.
Il reprit un rôle politique en 1824, quand Louis XVIII le fit ministre d’Etat, et il prononça le sermon du sacre de Charles X, à qui il demeura fidèle jusqu’à sa mort.
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Notice écrite par Claudine Cavalier |
© Philippe Royet 1996-2007 |