Pierre CHODERLOS DE LACLOS (1741-1803)
[48 ans en 1789]

Elève dans une école militaire en 1759, ce militaire n’aurait certainement pas percé sans ses liaisons dangereuses publiées en 1782. Ce roman va le faire connaître dans les salons mondains dans lesquels il brille par sa culture. Il sera rapidement introduit dans l’entourage du duc d’Orléans et va exercer une profonde influence sur ce dernier qui ne va guère tarder à en faire son confident et son porte-plume.

Laclos ne participera pas aux premiers événements révolutionnaires mais sera un des premiers inscrits au club des Jacobins. Il fera paraître grâce à des fonds fournis par le duc d’Orléans le Journal des Amis de la Constitution qui se veut à l’époque le journal officiel du club. Laclos préfère ensuite se faire oublier quelques temps à Londres après les journées des 5 et 6 octobre 1789 dans lesquelles il aurait joué - dans l’ombre - un rôle important. Revenu en juillet 1790, Laclos reprend la plume au service de son maître et publie une brochure intitulée Exposé de la conduite de M. le duc d’Orléans. Il participe ensuite à la rédaction de la pétition du Champ-de-Mars, espérant sans doute placée son maître sur le trône après la tentative d‘évasion de Capet. Après la scission des modérés au club des Jacobins, Laclos s’inscrit au club des Feuillants mais commence à perdre de son influence dans la sphère politique. Il parvient toutefois à se faire élire par sa section à la Commune insurrectionnelle du 10 août mais sera vite chassé par les émeutiers. Danton l’emploie dans son Ministère de la Justice puis Servan l’envoie surveiller le maréchal Luckner aux armées. Laclos s’y fera nommer général puis chef d’état Major de l’armée des Pyrénées.

Le 31 mars 1793, il est arrêté en même temps que d’autres orléanistes. Curieusement, il échappera à la guillotine et verra sa peine de prison transformée en assignation à résidence. Certaines personnes auraient prétendu à l’époque que certains liens liaient Laclos à Robespierre. Mais la rumeur ne dit pas lesquels.

Laclos ne retrouvera sa liberté que le 3 décembre 1794 et utilisa de suite ses relations pour obtenir un poste bien payé dans l’administration. Il se fait ensuite oublier quelques temps mais semble avoir joué un rôle d’intermédiaire pendant la préparation du coup d’état du 18 brumaire.

Bonaparte, devenu premier Consul, veillera à ce qu’on attribue à Laclos un poste dans l’armée. Après avoir participé à quelques campagnes, ce dernier succombera à la dysenterie alors qu’il était en poste à l’armée de Naples .

Laclos reste un personnage énigmatique. Il réussit à utiliser ses relations souterraines pour se voir attribuer des postes intéressants et pour se tirer d’embarras pour le moins gênants. Il n’en reste pas moins un comploteur et un contre-révolutionnaire consommé.



Notice écrite par Yohan Senez
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Notes et Archives 1789-1794