Jean Baptiste JOURDAN (1762-1833)
[27 ans en 1789]

Né à Limoges, le 29 avril 1762.
Il est le fils de Roch, chirurgien et de Jeanne Foreau-Francisquet.
Orphelin jeune, il sera élevé par un frère de son père, curé à Beaurecueil près d'Aix en Provence puis partira en apprentissage dans les soieries chez un autre de ses parents à Lyon. Il s'engagea en 1778 dans le régiment d'Auxerrois pour partir avec les troupes qui vont soutenir les insurgés en Amérique. Il participera à quelques engagements et au siège de Savannah, il sera réformé le 26 juin 1784. Il s'installera alors comme mercier à Limoges.
Il deviendra capitaine de la Garde Nationale fin juillet 1789, puis des septembre 1790 il adhérera au Club des Jacobins de Limoges. Volontaire au 2e bataillon de la Hte-Vienne il en sera élu lieutenant-colonel le 9 octobre 1791. A l'armée du Nord de 1792 à 1793 il se battra à Jemappes et à Neerwinden. Il est général de brigade le 27 mai 1793 et général de division le 30 juillet. Blessé à Hondschoote, il est nommé commandant en chef de l'armée des Ardennes le 11 septembre puis de l'armée du Nord le 25. A la tête des deux armées, il sera les 15 et 16 octobre vainqueur de la bataille de Wattignie. Destitué le 17 nivôse an II (6 janvier 1794) pour son désaccord avec la stratégie du Comité de Salut Public il se voit accorder un pension et rentre à Limoges. Mais des le 20 ventôse (10 mars) il est placé à la tête de l'armée de la Moselle, il est vainqueur à Arlon le 29 germinal (18 avril). Le 15 prairial (3 juin), il commande l'armée de Moselle, celle des Ardennes et une partie de celle du Nord.
Vainqueur à Fleurus le 8 messidor de l'an II (26 juin 1794), on peut dire que sa victoire aura une importance politique capitale, en effet ses résultats stratégiques permettrons de repousser l'ennemi de façon significative rendant la Terreur moins nécessaire et hâtant ainsi la chute de Robespierre. Il sera par la suite, et jusqu'au 5 vendémiaire de l'an V (26 septembre 1796), commandant de l'armée de Sambre et Meuse, un certain nombre de défaite serons à l'origine de son remplacement.
Le 24 germinal an V (12 avril 1797), il sera élu député de la Hte-Vienne au Conseil des Cinq-Cents. Député très actif, il sera deux fois président de l'assemblée. Il approuvera sans réserve le coup d'état de Fructidor et fera voter la loi sur la conscription. Le 22 vendémiaire de l'an VII (13 octobre 1798), il donnera sa démission de député pour prendre le commandement de l'armée de Mayence qui le 1er novembre deviendra l'armée du Danube. Il ne remportera pas les victoire attendues et quittera l'armée le 13 germinal de l'an VII (3 avril 1799).
Le 20 germinal an VII (9 avril 1799) il est réélu député de la Hte-Vienne au Conseil des Cinq-Cents, resté dans les faits un vrai Jacobin il sera un de leurs derniers chefs et tentera de faire voter une loi déclarant la patrie en danger. Il s'opposera très logiquement au coup d'état du 18 brumaire et sera expulsé du Corps Législatif. Bien que nommé Maréchal de l'Empire le 19 mai 1804, il n'aura plus que des commandements secondaires. Il suivra Joseph en Espagne ou il sera à la tête de l'armée. On notera que contrairement à la plupart de ses collègues Maréchaux, il ne sera ni duc ni prince !
Rallié aux Bourbons, il sera pourtant pair de France pendant les Cent-Jours. Il refusera de Présider la Cour chargée de juger le Maréchal Ney. Il occupera encore des postes de commandement, sera fait comte, commandeur de St Louis et d'autres ordres royaux. Apres la chute de Charles X, il sera du 2 au 11 août ministre des affaires étrangères, puis à partir du 11, gouverneur des Invalides, il le restera jusqu'à sa mort.
Si l'on examine la carrière militaire de Jourdan, on constate qu'en fait il n'a remporté que deux victoires, mais quelles victoires!! Wattignie et Fleurus, tout simplement!! Avec Valmy ce sont les plus importantes de la période révolutionnaire. Pourtant la suite de sa carrière conduit à s'interroger, fut-il un grand général ou un général chanceux ? Quoi qu’il en soit il a toujours été conscient de ses limites mais il était bâti de la même étoffe que ceux qui ont fait la République et qui se sont sublimés pour vaincre les coalisés.
Mais il y a peut-être autre chose, lors de sa campagne en Allemagne, Jourdan a-t-il eu à sa disposition tout les moyens qui lui auraient été nécessaires ? Le professeur Suratteau (J. R. Suratteau, AHRF n°224, 1976, p. 198.) pose la question dans une étude publiée dans les Annales historiques de la Révolution française. Ne s’est il pas trouvé dans un imbroglio politique qui le dépassait et dans lequel Bonaparte et Carnot jouaient un rôle important. Le Directeur Carnot en effet procéda à des ponctions sur l’armée d’Allemagne en faveur de celle d’Italie
Il est mort à Paris le 23 novembre 1833. Son nom est inscrit côté Nord de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
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Notice écrite par J.M. Ruthon |
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