Joseph Ignace GUILLOTIN (1738-1814)
[51 ans en 1789]

Guillotin

Né à Saintes en 1738, mort à Paris en 1814

Il fit des études de médecine et réussit une brillante carrière avant la Révolution ; il entra d’abord dans la compagnie de Jésus, et devint professeur à Bordeaux. Mais il quitta la compagnie et devint docteur–régent de la faculté de Paris, et médecin du comte de Provence. Il fit partie de la commission d’enquête qui condamna la théorie du magnétisme animal de Mesmer. En 1788, il publia une Pétition des six corps des marchands de Paris, où il demandait le doublement du Tiers et le vote par tête aux futurs Etats Généraux. Appelé à comparaître devant le Parlement de Paris, il fut acquitté et devint très populaire. Rédacteur du cahier de doléance du Tiers de Paris, il fut élu député aux Etats Généraux. Le 20 juin 1789, c’est sur son initiative que les députés se rendirent au Jeu de Paume après avoir trouvé fermée la salle des Menus Plaisirs.

Guillotin s’occupa de la réforme des hôpitaux de Paris, et de la réorganisation des écoles médicales. Il s’occupa également des conditions sanitaires de la salle du Manège, lieu de réunion de la Constituante, ce qui n’était pas un mince problème. Le 20 janvier 1790, il déposa un projet qui prévoyait un mode d’exécution égalitaire, par décapitation, de tous les condamnés à mort : plus de pendaisons, de bûchers, de supplices de la roue… Il préconisait l’emploi d’une machine d’origine Italienne « dont le jeu trancherait la tête aux criminels en un clin d’œil. » 

La machine, construite sur ses indications, fut définitivement mise au point par le docteur Louis et le mécanicien allemand Schmidtt, et adoptée par l’Assemblée Législative en 1792 : on l’appela d’abord Louisette ou Louison, mais les Actes des Apôtres la surnommèrent bientôt la « guillotine » (dans une « chanson sur la Guillotine, machine inimitable du docteur Guillotin, propre à couper les têtes »), et ce fut cette appellation qui lui resta.

Sous la Terreur, Guillotin fut emprisonné comme modéré, mais le 9 thermidor le libéra. Il renonça à la politique et ne s’occupa plus que d’œuvres de bienfaisance.



Notice écrite par Claudine Cavalier
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Notes et Archives 1789-1794