Henri Grégoire, dit l'ABBÉ
GRÉGOIRE (1750-1831)
[39
ans en 1789]

Né à Vého près de Luneville le 4 décembre
1750, mort à Paris le 28 mai 1831.
De modeste origine, il est fils d’un tailleur. Il trouve un protecteur en la personne du Curé d’Embermesnil qui remarque ses talents pour l’étude à l’école paroissiale. Grâce à son appui, il entre en 1763 au collège de Nancy où il se montre brillant : Dès 1773, son premier écrit « éloge de la poésie » est couronné par l’Académie.
Issu d’une famille très pieuse, il entre au séminaire et est ordonné prêtre en 1775. Il prend ensuite la succession de son protecteur à Embermesnil. Curé réformateur, il est député aux Etats-Généraux où il contribue à la réunion des députés du clergé au tiers, il prête le serment du jeu de paume avec enthousiasme. De plus, il prend part à la rédaction de la constitution civile du clergé, il prête serment et devient évêque de Blois en 1791.
Mais son œuvre la plus marquante est son combat en faveur des juifs et des noirs. Dès 1788, il rédige un « essai sur la régénération physique et morale des juifs » couronné par l’académie de Metz. De plus à la Constituante, il demande qu’on accorde les droits politiques et civils aux mulâtres et aux noirs libres.
Républicain après la fuite du Roi, il est élu à la Convention où il propose l’abolition de la Royauté et la proclamation de la République en prononçant ces mots « l’histoire des rois est le martyrologue des nations ». Il approuve la condamnation de Louis XVI tout en étant absent au procès et s’engage dans le nouveau régime acceptant des missions auprès des armées (alpes maritimes). Cependant, prêtre avant tout, il condamne avec force la déchristianisation refusant d’abandonner ses fonctions d’évêques et continuant à porter la soutane. Il prône la liberté de culte. Plus tard, il émettra un jugement sévère sur la Convention l’accusant « d’avoir voulu greffer la république sur l’impiété ». Il désapprouve donc le Concordat, et se propose de relever le culte catholique par l’intermédiaire des « annales de la religion ».
Méfiant vis à vis de Napoléon, il vote contre l’établissement de l’Empire tout en acceptant un certains nombre d’honneurs (commandeur de la légion d’honneur, comte en 1808). En 1814 néanmoins, il vote la déchéance de Napoléon et refuse d’adhérer à l’acte additionnel.
Disgracié sous la Restauration, il est pour les Ultra-Royalistes l’ecclésiastique qui a trahi la cause catholique. Elu député de l’Isère en 1819, il ne peut siéger il est exclu sans raison valable la même année.
L’évêque de Paris lui refusera les derniers sacrements.
Ses restes furent transférée au Panthéon lors du Bicentenaire.
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Notice écrite par Sophie Vidal |
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© Philippe Royet 1996-2007 |