Antoine François GAUTHIER DES ORCIÈRES (1752-1838)
[37 ans en 1789]

Antoine François Gauthier Des Orcieres est né à Bourg le 26 décembre 1752. Fils de Louis Eléonor Gauthier dit des Vavres, avocat substitut au bailliage de Bresse et de Claudine Frilet, et le cousin germain de Gauthier des Iles et du général Gauthier de Murnans. Elève au collège de Bourg. Il est reçu avocat à Dijon. Il s’installe à Bourg en 1775.

Entre août et novembre 1782, il défend le cas de la veuve Duffourd face à la demoiselle Pierron au bailliage. Auteur, en 1788 de Considérations sur l’état actuel de l’administration de la province de Bresse pour servir de réponse à la délibération imprimée du conseil de la noblesse, et Réflexions contre les religieuses de Sainte-Claire.  Il est élu officier municipal de Bourg mais brigue la place de premier syndic.

Devançant Brangier cadet d’une voix, Louis XVI désigne ce dernier comme premier syndic. Il est élu le 5 avril 1789 député du Tiers Etat pour le bailliage de Bresse aux Etats généraux et reste en fonction jusqu’au 30 septembre 1791. Le 17 septembre 1791, il remplace Thomas Riboud au poste de procureur général syndic. Le 4 septembre 1792, il est élu député à la Convention. Il vote le 21 janvier 1793 la mort du roi. Nommé, le 29 avril 1793, commissaire auprès de l’armée des Alpes avec Albitte, Dubois-Crancé et Nioche. Les 4 représentants restent ensemble jusqu’au 6 juillet.

Présent à Bourg début août, il calme l’ardeur des sans-culottes et épargne ses amis de la répression. En compagnie de Dubois-Crancé, il mène le siège de Lyon jusqu’au 17 octobre 1793.

Il est arrêté sur ordre du comité de salut public, le 6 octobre 1793, pour ses lenteurs apportées au siège de Lyon. Il est libéré. Il intervient pour modérer la répression dans l’Ain en faisant nommer Gouly, prendre le décret du 28 pluviôse à la Convention et en faisant arrêter les officiers municipaux de Bourg et de Belley. Il est dénoncé par Claude Duclos, comme protecteur des fédéralistes, le 14 ventôse an II à la société des sans-culottes de Bourg. Il dénonce la conduite favorable aux sans-culottes de Méaulle dans l’Ain, le 20 floréal an II.

Auteur d’un mémoire, Gauthier, représentant à la Convention Nationale, aux sociétés populaires et à tous les républicains, sur la dénonciation faite contre lui à la société des Jacobins de Paris, contre les sans-culottes, le 4 thermidor an II. Nommé, le 17 fructidor an II, commissaire dans les Hautes-Alpes, l’Ain, l’Isère, la Drôme, le Mont-Blanc et la Savoie où il fait libérer nobles et prêtres.

Il revient à Paris le 5 pluviôse an III. Durant cette mission, il dépense 22 322 livres. Il propose, en ventôse an III, des moyens pour accélérer la rentrée des assignats. Il publie un compte rendu de ses missions en brumaire an IV. Il est membre du Comité de sûreté générale du 5 mars au 3 juillet 1795.

En 1797, il siège au Conseil des Anciens. Il est l’auteur d’un rapport pour examiner la résolution relative aux passeports pour l’étranger le 2 ventôse an IV. Il est réélu aux élections des 9 et 18 avril 1798.

Le 4 mars 1800, il est nommé juge au tribunal de première instance de la Seine et en devient vice-président de 1811 à mars 1815. Révoqué à la première Restauration, il est conseiller à la cour impériale de Paris pendant les Cent-Jours.

Avec le retour des Bourbons, il est de nouveau révoqué et exilé comme régicide. Il se rend en Suisse, puis à Bruxelles et, gracié, rentre en 1828. Il s’établit à Saint-Marcellin dans l’Isère où il épouse une dame Denervaux, originaire de Lyon.  Il décède à Saint-Marcellin le 1er mai 1834.



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© Jérôme Croyet 2007
Docteur en histoire, archiviste adjoint aux A.D. de l’Ain
Collaborateur au Magazine Napoléon 1er et à la revue Soldats Napoléonien

Notes et Archives 1789-1794