Antoine-François
FOURCROY (1755-1809)
[34 ans en 1789]

Paris 1755-Paris 1809
Il était fils du pharmacien du Duc d’Orléans, et fit des études de médecine auprès de Vick d’Azyr. Mais c’est la chimie qui devait être sa grande passion, et il enseigna cette discipline, au Jardin des Plantes, à partir de 1784. En 1785, il entra à l’Académie des Sciences.
Dès 1789, il adhéra sans réserve aux idées révolutionnaires, et fut proche de l’extrême-gauche. Après la chute du roi, il proposa d’exclure de l’Académie tous les membres « notoirement contre-révolutionnaires ». Heureusement, il ne fut pas suivi. Suppléant à la Convention, c’est lui qui remplaça Marat, le 25 juillet 93. Membre du Comité d’Instruction Publique, il travailla surtout pour la défense nationale. Directeur de la Commission des armes et des poudres, il fut aussi l’un des principaux fondateurs de l’école Polytechnique. Son activité fut considérable. Au Museum, dont il fut un des premiers professeurs, il enseignait la chimie et donnait des cours aux canonniers de Paris sur les techniques de fabrication de la poudre. Aux côtés de Berthollet, il faisait en même temps des expériences destinées à raccourcir la durée du tannage des peaux, pour chausser plus vite les citoyens pauvres (la Convention avait décidé que plus personne ne devait désormais aller nu-pieds). En 93, c’est lui qui découvrit le procédé qui permit le cuivre et l’étain de l’alliage des cloches, et de reconvertir celles-ci en canons. Il fit partie des savants qui supervisèrent les essais des aérostats à Meudon, en avril 94, dans la nouvelle école d’aérostation ouverte par le Comité de Salut Public. En 1795, il fut parmi les premiers membres du tout nouvel Institut. Si ce n’était pas un génie de la taille de Lavoisier, de Berthollet ou de Guyton de Morveau, il passait pour le meilleur enseignant de son temps, et ses cours étaient des merveilles de clarté et de précison.
Membre du Conseil des Anciens sous le Directoire, il devint directeur du Museum en 1799. Proche de Bonaparte, qui l’admirait fort, il fut directeur général de l’Instruction Publique et Conseiller d’État, puis comte d’Empire un an avant sa mort.|
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Notice écrite par Claudine Cavalier |
© Philippe Royet 1996-2007 |