Joseph FOUCHÉ (1759-1820)
[30 ans en 1789]

Fouché

Nantes 1759-Trieste 1820

Né à Nantes, fils d’un capitaine de la marine marchande, il aurait du être marin à son tour. Mais il préféra entrer à l’Oratoire, où il reçut les ordres mineurs. Il fut enseignant en sciences, successivement à Juilly, à Arras, où il fit la connaissance de Carnot et de Robespierre, puis à Nantes. En 1790, il devint principal de son collège.

Membre des Amis de la Constitution, il fut élu à la Convention par la Loire-Inférieure. Il fut membre du Comité d’Instruction Publique mais n’y joua pas un grand rôle. Envoyé en mission en 93, en Loire-Inférieure et en Mayenne, il n’y fut pas très efficace et échoua à y recruter les troupes qui lui avaient été demandées.

Il publia à Paris des Réflexions sur l’éducation physique, où il appelait à la formation d’un enseignement laïque et gratuit. Il y affirmait avec conviction qu’ « une instruction inspirée de l’esprit révolutionnaire et nettement philosophique peut contrebalancer l’odieuse influence de la religion.»

Reparti en mission, à Troyes, à Dijon, puis dans la Nièvre, il y prit des mesures sociales importantes, et leva de lourds impôts sur les riches. Par ailleurs il procéda à une déchristianisation sévère, probablement sous l’influence de Chaumette qui s’y trouvait au même moment.

Envoyé à Lyon en novembre avec Collot d’Herbois, il prit part à la violente répression dont ce dernier frappa la ville. Il la revendiqua même, écrivant à la Convention, dès le 6 décembre : « Il faut que tous les alliés qu’ils (les ennemis de la République) avaient à Commune-Affranchie tombent sous les foudres de la justice, il faut que tous leurs cadavres ensanglantés, précipités dans le Rhône, offrent sur les deux rives, à son embouchure, sous les murailles de l’infâme Toulon, l’impression de l’épouvante et l’image de la toute-puissance du peuple français. » Les massacres firent environ 1500 morts.

Collot parti, en décembre, Fouché continua dans le même sens, puis se retourna brusquement (en fait à la chute des Hébertistes) contre les partisans de Chalier. Rappelé à Paris, accusé de double jeu et de pillage, il dut se défendre âprement contre Robespierre. S’il y parvint tout d’abord, jusqu’à être nommé président des jacobins, il se sentit bientôt en danger. Il joua un rôle important dans la préparation du 9 thermidor.

En l’An III, il se détourna rapidement des Thermidoriens et se lia avec Babeuf. Et il appuya, sans succès, l’insurrection du 12 Germinal. Il prit part au coup d’état républicain du 18 Fructidor An V, et en 1799, fut nommé par Barras Ministre de la Police Générale. Pourtant il ne défendit pas le Directoire contre Bonaparte. Sous l’Empire, il fut à nouveau ministre de la Police. Comte d’Empire, il fut nommé Duc d’Otrante en 1809. Il organisa la Police de l’Empire, la rendant fort efficace, malheureusement en grande partie grâce à l’usage de procédés peu recommandables, comme les pots-de-vin et la torture. Il en profita pour bâtir une fortune colossale.

En 1814, il tourna le dos à l’Empereur et ce fut lui qui, à Paris, accueillit le comte d’Artois venu reprendre possession du royaume au nom de son frère. Mais pendant les Cent-Jours, il servit à nouveau Napoléon. Louis XVIII, après l’avoir employé à la répression qui suivit Waterloo, le proscrivit finalement comme régicide. En 1820, il mourut à Trieste d’un refroidissement.



Notice écrite par Claudine Cavalier
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