Armand Gaston CAMUS (1740-1804)
[49 ans en 1789]

Paris 1740, Paris 1804
Après de très bonnes études de droit (il était un des meilleurs spécialistes du droit canonique de son temps), il devint avocat du clergé au Parlement de Paris. Il écrivit, en 1772, des Lettres sur la profession d’avocat, qui connurent un grand succès chez les juristes. Mais partisan des Parlements lors de la réforme Maupéou, il dut de démettre, et se consacra à la littérature et l’histoire ancienne. En 1783, il donna la première traduction française du Traité des Animaux d’Aristote. Il entre peu après à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
La Révolution lui permit de reprendre une carrière publique. Il fut élu député du Tiers Etat de Paris aux Etats généraux : il bénéficiait d’une excellente réputation, justifiée car c’était l’un des premiers juriconsultes de l’époque. Aussi, dès son arrivé à Versailles (qui eut lieu, comme celle de tous les députés de Paris, quinze jours après l’ouverture des Etats Généraux), fut-il désigné comme secrétaire de l’Assemblée. Ce fut lui qui recueillit la liste des signataires du serment du Jeu de Paume. La Constituante le choisit comme archiviste le 14 août. Il commença aussitôt à classer les papiers des divers bureaux, et constitua ainsi le premier fonds des Archives Nationales : la Constituante les créa par décret les 4 et 7 septembre 1790, sur son instigation.
Spécialisé dans les questions financières, il se procura et diffusa, en 1790, le Livre Rouge, où étaient consignées les dépenses de la Cour, et notamment les pensions secrètes payées par le Trésor Royal. Il fut le principal auteur de la Constitution Civile du Clergé, et l’idée d’imposer aux prêtres le serment civique vient de lui. Il est à l’origine également de la suppression des annates, et de la réunion à la France du Comtat-Venaissin.
Député de la Haute-Loire à la Convention, il y fut un très actif adversaire du clergé et de la noblesse : il fit voter la réduction des pensions ecclésiastiques, la vente du mobilier des émigrés et des maisons religieuses, le décret d’accusation contre les prêtres dilapidateurs. En novembre 1792, il partit en Belgique auprès de l’armée de Dumouriez, pour enquêter sur les opérations militaires et surveiller les approvisionnements, ce qu’il fit avec une grande rigueur. Absent au procès de Louis XVI, il tint néanmoins à communiquer son vote (la mort, contre l’appel au peuple et contre le sursis) par correspondance à l’Assemblée. Membre du premier Comité de Salut Public, il fit proposa de mander Dumouriez à la barre de l’Assemblée, et fit partie des quatre commissaires chargés d’aller signifier au général sa destitution et sa convocation. Arrêté et livré aux Autrichiens par le rebelle, il passa trente mois en prison (il en profita pour traduire le Manuel d’Epictète et rédiger des Mémoires à l’intention de ses enfants). Il fut finalement échangé contre Madame Royale en 1795. Membre du Conseil des Cinq-Cents, il continua sa carrière politique, mais refusa le ministère des finances, puis le ministère de la police, que lui proposa le Directoire. Il fut nommé « Garde des Archives Générales » par le Consulat en 1800. Opposé au consulat à vie en 1802, il se consacra dès lors à son poste aux Archives Nationales, qu’il avait repris dès son retour en France. Il établit notamment une table de matières, noms de lieu et de personnes des procès-verbaux des Assemblées Parlementaires entre le 5 mai 1789 et le 2 fructidor an XI.
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Notice écrite par Claudine Cavalier |
© Philippe Royet 1996-2007 |