François-Louis Bourdon, dit BOURDON DE L'OISE (1758-1798)
[31 ans en 1789]

Procureur au Parlement de Paris à la veille de la Révolution, Bourdon est doté d’un tempérament ambitieux mais très brouillon. Trop pour qu’il puisse mener une carrière aussi reluisante qu’il pourrait l’espérer. Il réussit toutefois à se faire élire à la Convention par une supercherie énorme : un autre Bourdon, Léonard ( de triste mémoire lui aussi ) s’étant fait élire dans deux départements, le Loiret et l’Oise, décida de représenter le Loiret. L’autre Bourdon, François cette fois, truqua les procès verbaux de l’Oise et put ainsi tranquillement usurper le siège de l’Oise et ne se fit plus appeler que " Bourdon de l’Oise ".

A la Convention, ce raté malhonnête ne cessa d’encombrer la tribune de sa présence en déposant des motions extravagantes au possible et en dénonçant ses collègues pour des motifs non moins extravagants. Bref, il ne réussit qu’à se brouiller avec le reste de la Convention. Robespierre note cette phrase à son propos dans on fameux carnet : " il mêle la perfidie à la fureur ". Après avoir voté la mort du Roi, Bourdon canalise sa haine et sa fureur vers les députés Girondins et se montre des plus violents envers eux. Envoyé en Vendée, il se montre totalement incapable et réussit à s’attirer là aussi l’inimitié des chefs Républicains qui réussissent à le faire renvoyer à Paris.

Sitôt de retour dans la Capitale, Bourdon se fait exclure des Cordeliers et manque de l’être des Jacobins. Il y attaque Robespierre qui vient d’achever un discours menaçant " quelques intrigants plus méprisables que les autres parce qu’ils sont hypocrites " en lui craint " on vient de me traiter de scélérat ! ". Ce à quoi Robespierre répond froidement " Je n’ai pas cité Bourdon, malheur à qui se dénonce lui-même ".

Certains le rangent dans les adversaires de Robespierre, ce ne serait que trop d’honneur pour Bourdon qui se terra misérablement pendant la journée du 9 thermidor.

Sous la Convention thermidorienne, Bourdon ne cesse d’attaquer ses anciens collègues et se fait élire - régulièrement cette fois ? - président de l’Assemblée et membre du Comité de sûreté générale.

Pendant le directoire Bourdon, qui s’est fait élire aux Conseil des Cinq-Cents, adhère au club de Clichy pour survivre politiquement et se lance ensuite dans des spéculations financières. Il se fait ensuite déporter en Guyane après le coup d’état du 18 fructidor an V et y meurt de maladie.

Bourdon fut l’un des personnages les plus abjects de l’époque révolutionnaire : délateur, ivrogne, menteur, brutal... Baudot note à son propos dans ses Notes historiques : " Chez lui, entre la raison et la folie, il n’y avait qu’un cheveu ".



Notice écrite par Yohan Senez
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Notes et Archives 1789-1794