Louis Auguste Guillaume BOSC D'ANTIC (1759-1828)
[30 ans en
1789]

Paris le 29 janvier 1759-Montmorency le 10 juillet 1828
Bosc d’Antic ne fut pas un grand homme politique, ni même un personnage bien important parmi les révolutionnaires, mais il gagna sa place dans leurs rangs par son admirable dévouement aux Girondins dont il était l’ami. On ne peut évoquer les Roland, sans le placer à leurs côtés.
Son père était un médecin des environs de Langres, qui avait tenté de se reconvertir dans l’industrie, sans grand succès. Il devint secrétaire de l’intendance des Postes avant la Révolution, mais il était avant tout passionné d’histoire naturelle et fréquentait assidûment les cours du jardin des Plantes, en particulier celui de Jussieu où il rencontra Roland et sa jeune épouse en 1780. Très vite lié avec eux, il échangea avec Manon Roland une longue correspondance passionnée et très vivante, qui constitue une source majeure pour notre connaissance de la future « reine de la Gironde ».
La Révolution parut à Bosc une chose admirable et il fut un des premiers membres du club des Jacobins. Il y fut un temps influent : avec Lanthenas et Bancal des Issarts, il constitua un « triumvirat » (selon le terme de Madame Roland) fort actif au sein du Comité de correspondance du club. Il diffusa avec ardeur la bonne parole girondine, ou plutôt « rolandiste », dans les départements, ce qui lui valut lorsque Roland arriva au ministère de l’Intérieur, en mais 1792, la place d’administrateur des Postes. La chute de la Gironde aurait pu lui causer des ennuis, mais ce ne fut guère le cas : arrêté au lendemain du 2 juin, il fut remis en liberté aussitôt et conserva son poste. Mais il sut alors faire la preuve de son dévouement à l’amitié. Depuis quelques années, il administrait un petit domaine acheté par Bancal dans la forêt de Montmorency, l’ancien prieuré de Sainte-Radegonde. Il y cacha Roland lors de sa fuite ; il se chargea de la fillette de son ami quand il dut s’éloigner de Paris, avant de la confier à Creuzé-Latouche que les Roland avaient choisi pour les remplacer. Il rendit visite régulièrement à Madame Roland dans sa prison, et fit sortir clandestinement les cahiers où Manon rédigeait ses Mémoires. Il cacha ces documents compromettants mais précieux dans sa maison de campagne, où il accueillit également d’autres proscrits, La Revellière-Lépeaux en août et Masuyer un peu plus tard.
Après la mort de Creuzé-Latouche en 1800, il devint le tuteur d’ Eudora Roland, qu’il éleva dans la mémoire de sa mère tout en administrant ses vastes biens. Lorsqu’elle eut seize ans, il songea un moment à l’épouser lui-même, mais y renonça et la maria à un autre de ses amis, Champagneux. Lui-même partit pour l’Amérique. De retour à Paris après un passage en Italie, en 1798, il fit publier les mémoires de Madame Roland puis se consacra définitivement à l’histoire naturelle. Il entra à l’Institut en 1806 et fut un des très bons naturalistes du XIXème siècle.
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Notice écrite par Claudine Cavalier |
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