Jacques
Henri BERNARDIN de Saint-Pierre
(1737-1814)
[52 ans en 1789]

Le Havre 1737-Eragny-sur-Oise
1814
Il étudia chez les Jésuites de Caen et de Rouen, puis passa toute sa jeunesse en voyages : il fut officier du génie en Allemagne, ingénieur à Malte, puis en Hollande, en Russie, en Pologne. En 1768, le gouvernement l’envoya en mission à l’Ile de France (aujourd’hui Maurice). A son retour en France, il devint l’ami de Rousseau, une des rares personnes que le vieux philosophe, lassé des hommes, supportât auprès de lui. Il a laissé les meilleurs témoignages existants sur la fin de sa vie. En 1773 il publia un Voyage à l’Ile Bourbon et à l’Ile de France, puis en 1784 des Etudes sur la Nature, d’inspiration très rousseauiste. Il tentait d’y prouver l’existence de Dieu d’après les beautés du monde naturel, non sans faire la preuve, d’ailleurs, d’un grand talent d’observateur et de naturaliste. Il eut du succès. Mais quatre ans plus tard, une incursion dans le roman lui apporta la gloire : Paul et Virginie fit fureur. C’était le premier des romans exotiques qui allaient devenir très à la mode.
Pendant la révolution, il vécut tranquillement dans sa petite maison du faubourg Saint-Marceau. Il n’avait rien d’un révolutionnaire… En 1790 il publia un nouveau roman, La Chaumière indienne. En 1792, il devint le nouvel intendant du jardin des plantes, à la suite de la démission de la Billarderie. Sa charge fut supprimée en 1793, à la création du Museum, mais il continua d’y travailler. On raconte que Robespierre, qui venait y suivre les cours de botanique de Jussieu, l’appréciait fort, et qu’en pleine Terreur, Bernardin parlait longuement de Rousseau et de la Providence à l’Incorruptible, tout en arpentant paisiblement avec lui les allées du jardin botanique.
En 1794, il devint professeur de morale dans la nouvelle Ecole Normale et fut élu à l’Institut l’année suivante. Très admiré par Bonaparte, il reçut de lui une pension, et finit sa vie dans l’Oise.
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Notice écrite par Claudine Cavalier |
© Philippe Royet 1996-2007 |