Charles-Jean-Marie BARBAROUX (1767-1794)
[22 ans en 1789]

Né à Marseille, le 6 mars 1767.
Il fut élevé par sa mère
veuve d’un négociant mort en Guadeloupe. Après des études de droit il
devint avocat à Marseille. Pourtant attiré par l’étude des sciences, il
partit pour Paris où entre autres, il suivit les cours d’optique de Marat.
De retour à Marseille en 1789,
il sera rapidement parmi les plus ardents révolutionnaires, fondateur du Club
des Jacobins et secrétaire adjoint de la commune. Il aura alors un rôle très
important dans sa région d’origine ce qui lui vaudra d’être désigné pour
une mission auprès de l’Assemblée Législative. Arrivé à Paris en février
1792 il rencontrera Brissot alors fervent Jacobin et se liera avec le couple
Roland. Il s’occupera alors de défendre très efficacement les intérêts de
sa ville plus particulièrement pour la promotion du négoce. Mais parallèlement,
il sera membre de la société des Amis des Noirs et agira contre la
traite des hommes de couleur. C’est lui encore, qui organisera la marche vers
Paris des fédérés de Marseille qui mettront au goût du jour la « Marseillaise »
qui deviendra l’hymne des luttes révolutionnaires.
Sa participation au 10 août
sera à l’origine de son élection à la Convention par le département des
Bouches du Rhône, le quatrième sur douze. Il est encore à cette époque un
pur Jacobin, mais bien vite il suivra les positions de ce qui deviendra la
Gironde influencé en cela par les Roland et plus particulièrement par Manon.
Il se démarquera définitivement de ses anciens amis dès octobre 1792 en étant
à l’origine de la Commission des 24 chargée d’examiner les papiers de la
Commune. Au procès du Roi bien que partisan de l’appel au peuple, il votera
pour la mort et contre le sursis. Plus tard il votera la mise en accusation de
Marat. Il aura l’occasion de montrer des préférences pour le libéralisme économique
dans l’activité qu’il aura au sein du comité de gouvernement auquel il
participera.
Décrété d’arrestation le 2
juin 1793, et gardé à son domicile il s’évadera. Son action s’inscrira
alors dans un cadre tout à fait contre-révolutionnaire : participation à
l’activité des chefs Girondins à Caen, appel à une République du Midi,
rencontre avec Charlotte Corday, etc. Notons tout de même qu’aucune complicité
dans l’assassinat de Marat ne peut lui être imputée. Passé à Bordeaux, les
mois qui lui restaient à vivre ne seront qu’un long calvaire. Je dirais, mais
cela n’engage que moi, que c’était un patriote dont Manon Roland fut le
mauvais ange.
Caché à Saint-Émilion avec Pétion et Buzot, il tentera de se suicider et c’est mourant qu’il sera exécuté à Bordeaux le 7 messidor de l’an II (25 juin 1794). Il précédera d’un mois Robespierre sur l’échafaud ce qui démontre qu’en Révolution, le Capitole n’est jamais loin de la Roche Tarpéienne.
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Notice écrite par J.M.
Ruthon A. Soboul : Dictionnaire historique de la Révolution française. Correspondance et mémoires de Barbaroux, édition critique par Cl. Perroud. Paris 1923. |
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© Philippe Royet 1996-2007 |