François Xavier AUDOUIN (1765-1837)
[24 ans en 1789]
Né le 18 avril 1765
à Limoges.
Il est le fils de Jean-Baptiste maître tanneur et de Isabeau Dheralde. D'une famille de notables, un de ses ancêtres aurait représenté les bourgeois de la Cité de Limoges aux Etats Généraux de Tours en mai 1308, convoqués sur la question des Templiers.
Il fit une année de philosophie au séminaire de St-Magloire à Paris, et y reçu la tonsure. Rentré à Limoges, il est reçu, au séminaire et devient prêtre le 19 décembre 1789. Il est alors nommé vicaire à St Maurice de la Cité.
En juin 1790 il est un des fondateurs du club des Jacobins de Limoges. Le 23 janvier 1791, il prête serment à la constitution civile du clergé et sera nommé le 18 février professeur de rhétorique par le Directoire du Département. Parti pour Paris en 1792, il devient vicaire à St Thomas d'Aquin puis à St-Eustache. Il prononcera un éloge de Mirabeau. Il abandonnera bientôt la prêtrise et deviendra électeur de la section de la Fontaine de Grenelle, section dont rapidement il deviendra un militant influent.
Désigné par sa section pour siéger à la commune insurrectionnelle du 10 août, il sera un des principaux meneurs de cette journée. Le Conseil Exécutif de la commune le nommera le 3 septembre l'un des 24 commissaires pris en son sein pour être envoyés dans les départements afin d'intervenir auprès des autorités locales pour l'envoi de gardes nationaux aux frontières.
Avec Loiseau-Granmaison, il sera désigné pour partir en Vendée et en Deux-Sèvres avec pour mission de recueillir des informations sur l'insurrection qui est entrain d'éclater. Ils auront également l'occasion d'intervenir dans le Loiret, l'Indre et Loire et la Vienne. Ils quitteront Paris le 4 septembre ou dans la nuit du 4 au 5 et seront à Orléans le 5, le 8 à Tours, le 9 et le 10 à Poitiers, le 12 à Civray et le 18 à Niort. Le même jour semble-t-il, ils partent pour le nord du département et les secteurs ou commence à sévir ce qui deviendra dans quelques mois la guerre de Vendée. Un rapport daté du 18 septembre précise : "nous partons dans une heure pour cette misérable contrée...de nombreux apôtres nous suivent : nous allons les disséminer sur les lisières du département de la Vendée, des Deux-Sèvres, et de Mayenne et Loire..." Ils passeront à Saint-Maixent, Parthenay, Thouars, Bressuire pour arriver le 25 à Châtillon sur Sèvre. Après avoir reçu leur rappel fin septembre, il passeront par Fontenay le Comte, par Rochefort puis par Limoges d'où ils rejoindront Paris le 6 octobre. Dans cette dernière cité, Audouin prononcera un discours devant le Club de la ville ou il appellera à l'union de tous les citoyens. Le 7 novembre, il sera parmi les 17 ex-commissaires qui recevront un satisfecit du Conseil exécutif.
Rentré à Paris il se verra le 3 octobre 1792 confier par le ministre de la Guerre Pache, le Secrétariat Général du ministère. Le 15 janvier 1793 il épousera la fille de Pache et aura pour témoin de son mariage, Santerre, commandant de la Garde Nationale et Hebert, le "Père Duchesne". Après le départ de Pache du ministère il sera quelques semaines commissaire aux guerres puis deviendra adjoint de Bouchotte nouveau Ministre, et sera chargé de la 6e division responsable de la direction du personnel. A ce titre il aura un rôle capital du fait de l'épuration des Etats majors et de la désignation des cadres de l'armée. Son activité sera également importante aux Jacobins de Paris dans le cadre de sa correspondance avec les Clubs de province.
Il est arrêté en même temps que Pache le 21 floréal II (10 mai 1794). Il est victime des dernières opérations de Robespierre contre ce qui restait parmi les Sans-Culottes. Mais Thermidor le maintiendra en prison. Il écrira alors un mémoire intitulé A l'intérieur des maisons d'arrêt où il s'explique sur sa conduite et où il décrit sa vie de prisonnier. Transféré de Sainte-Pélagie, où il resta en permanence au secret, au Luxembourg le 2 vendémiaire an III (25 septembre 1794), il sera envoyé au château de Ham le 22 nivôse III (12 janvier 1795). Dans cette prison sa détention ne sera pas très sévère, puisque dans son mémoire, il précise partager son lit avec son épouse et avec son enfant ! Le 5 prairial an III (25 mai 1795), sur rapport de Bourdon de l'Oise, il sera décrété d'accusation et traduit devant le Tribunal Criminel de l'Eure et Loir, en effet le Tribunal Révolutionnaire avait été supprimé. Il sera condamné à de la prison, puis amnistié en brumaire an IV.
Devenu journaliste il publiera du 1er pluviôse an IV au 21 floréal an IV (20 janvier 1796 au 9 mai 1796) le Publiciste Philanthrope. Il sera ensuite défenseur au Conseil des Prises, puis nommé le 24 germinal an VII (14 avril 1799) juge au Tribunal de Cassation. Sous le Consulat il sera Secrétaire Général du département des Forêts et refusera le même poste à la Préfecture de Bruxelles. En 1802 il s'inscrira comme avocat au barreau de Paris, il n'aura plus de rôle politique et ne sera pas inquiété sous la Restauration.
Il convient de noter que Xavier Audouin est souvent confondu, même par certains historiens avec un homonyme, Jean Pierre Audouin dit le Sapeur, virulent Montagnard qui fut député de Seine et Oise à la Convention
Il décède à Paris le 23 juillet 1837.
Auteur de nombreux ouvrages, on lui doit :
*Du commerce maritime Paris,
Baudouin an IX (1801) 2 vol. in - 8. Ouvrage important surtout
pour la législation de l'armement en course avec détail sur la
marine pendant la Révolution.
*Histoire de l'administration des guerres Paris, Didot
1811 4 vol. in - 8.
*Responsabilité des ministres : quelques pensées sur le
projet de loi présenté par les ministres de Sa Majesté le 28
janvier 1819. Paris, Brissot-Thivars 1819 in - 8.
*L'intérieur des maisons d'arrêt. Paris 1795 in - 8.
etc..
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Notice écrite par J.M. Ruthon |
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