NEA1789-1794 [Documents]

SAINT-JUST et LEBAS
 Les arrêtés en mission
brumaire à nivôse an II, octobre à décembre 1793 


Arrêtés des représentants du peuple Saint-Just et Lebas, envoyés près l'armée du Rhin :

Les représentants du peuple, envoyés près l'armée du Rhin, après s'être assurés du civisme des citoyens Prost, procureur, syndic du district d'Haguenau ; Vilvot, capitaine surnuméraire du sixième bataillon du Bas-Rhin, les ont adjoints aux membres composants le comité de surveillance de Strasbourg.

A Strasbourg, 7 du deuxième mois de l'an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc. , informés qu'il s'est introduit des étrangers et des personnes suspectes dans Strasbourg, arrêtent ce qui suit : " Le comité de surveillance de Strasbourg est autorisé à requérir le nombre d'hommes armés nécessaire, pour dire faire cette nuit des visites domiciliaires dans toute la ville de Strasbourg ; il se concertera avec le commandant de la place, et prendra toutes les mesures nécessaires pour arrêter les personnes suspectes, sans troubler la tranquillité publique. "

A Strasbourg, le 9 du deuxième mois de l'an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS
.

 

Depuis plusieurs jours, citoyens, nous vous avons recommandé de rechercher et de faire arrêter les gens suspects dans le district de Strasbourg, Nous savons que dans cette seule ville, il en existe des milliers, et cependant vous êtes encore à nous fournir le premier nom de cette liste des ennemis de la République. Il devient plus instant de jour en jour de les arrêter. Hâtez-vous donc de les reconnaître. Nous désirons savoir dans le jour le nom de tous les gens suspects dans Strasbourg.

A Strasbourg, jour et an idem.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., informés de la bonne volonté des citoyens du Bas-Rhin pour la patrie, convaincus par les démarches et les sollicitations faites auprès d'eux pour provoquer les moyens de repousser l'ennemi commun, que la patrie n'a point fait d'ingrats dans ces contrées ; touchés de la sensibilité avec laquelle les citoyens fortunés de Strasbourg ont exprimé la haine des ennemis de la France et le désir de concourir à les subjuguer ; frappés des derniers malheurs de l'armée que les riches de cette ville se sont offerts de réparer, plus touchés encore de l’énergie de ces riches qui, en sollicitant un emprunt sur les personnes opulentes, ont demandé des mesures de sévérité contre ceux qui refuseraient de les imiter ; Voulant en même temps soulager le peuple et l'armée, arrêtent ce qui suit : Il sera levé un emprunt de neuf millions sur les citoyens de Strasbourg, dont la liste est ci-jointe.

Les contributions seront fournies dans les vingt-quatre heures.

Deux millions seront prélevés sur cette contribution pour être employés an besoin des patriotes indigents de Strasbourg. Un million sera employé à fortifier la place. Six millions seront versés dans la caisse de l’armée.

Le comité de surveillance est chargé de l'exécution du présent arrêté.

A Strasbourg, le 10 du deuxième mois de l’an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants du peuple, envoyés extraordinairement près l'armée du Rhin, informés que les ennemis ont pratiqué des intelligences dans Strasbourg parmi les autorités constituées, considérant l’imminence du danger ; arrêtent ce qui suit :

ART 1. L'administration du département du Bas-Rhin est cassée ; les membres seront arrêtés sur-le-champ, à l'exception des citoyens Neuman, Didier, Mougeat, Berger, Telerel, et seront conduits de suite en arrestation à Metz.
2. Les citoyens Neuman, Mougeat et Telerel, formeront une commission provisoire pour l'expédition des affaires.
3. La municipalité de Strasbourg est également cassée, à l'exception d u citoyen Monet, maire. La société populaire remplacera la municipalité par une commission provisoire de douze membres pris dans son sein, dont le plus âgé remplira les fonctions de procureur de la Commune. Les membres de la municipalité seront conduits en arrestation à Châlons.
4. L'administration du district de Strasbourg est également cassée ; cinq membres élus par le comité de surveillance de ladite ville en rempliront provisoirement les fonctions. Les membres du district de Strasbourg seront conduits en arrestation à Besançon.
5. Le commandant de Strasbourg et le comité de surveillance de ladite ville, sont chargés d'exécuter le présent arrêté, de manière à ce que les membres des autorités cassées soient hors de la ville demain à hait heures du matin.

A Strasbourg, le 12 du deuxième mois de l’an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que le maire de Strasbourg fera délivrer, dans le jour, cent mille livres provenant de l'emprunt sur les riches, entre les sections de ladite ville, pour être employés à soulager les patriotes indigents, les veuves et les enfants orphelins des soldats morts pour la cause de la liberté.

A Strasbourg, le 15 du deuxième mois de l'an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent ce qui suit : La municipalité de Strasbourg fera arrêter, sous vingt-quatre heures, tous les présidents et secrétaires des sections lors du 31 mai, et tous ceux qui ont manifesté quelques connivences avec les fédéralistes.

A Strasbourg, le 16 du deuxième mois de l'an 2
SAINT-JUST. - LEBAS
.

 

L'emprunt fait par les représentants du peuple étant destiné au soulagement des patriotes et de l'armée, ne peut être rempli par les assignats démonétisés, avec lesquels on ne peut traiter dans le commerce. En conséquence, les représentants du peuple arrêtent que ceux qui ont payé en assignats démonayés, seront tenus de les reprendre, et d'acquitter, dans le jour, leur contingent en monnaie ayant cours.

A Strasbourg, le 16 du deuxième mois de l’an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Le maire de Strasbourg excitera le zèle de tous les citoyens, pour faire fournir à l'armée des souliers, des habits et des chapeaux. Il rendra compte demain par écrit des mesures qu’il aura prises et de leurs effets.

A Strasbourg, 17 du deuxième mois de l'an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que les biens de ceux qui auront acheté des effets d'un soldat, seront confisqués au profit de la République.

A Strasbourg, idem.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que le particulier le plus riche imposé dans l'emprunt de neuf millions, qui n'a point satisfait dans les vingt-quatre heures à son imposition, sera exposé demain, 18 du deuxième mois, depuis dix heures du matin jusqu'à une heure sur l'échafaud de la guillotine. Ceux qui n'auront point acquitté leur imposition dans le jour de demain, subiront un mois de prison par chaque jour de délai, attendu le salut impérieux de la patrie.

A Strasbourg, 17 du deuxième mois de l'an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 


Les représentants, etc., à la municipalité de Strasbourg.

Dix mille hommes sont nu-pieds dans l'armée ; il faut que vous déchaussiez tous les aristocrates de Strasbourg, et que demain, à dix heures du matin, les dix mille paires de souliers soient en marche pour le quartier-général.

A Strasbourg, 25 brumaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que le citoyen chargé de recevoir le montant de l'emprunt imposé aux riches de Strasbourg tiendra registre des espèces dans lesquelles les contribuables ont fait ou feront leurs paiements.

21 brumaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que le payeur de cette armée tiendra à la disposition de la municipalité de Strasbourg, sur les fonds provenant de l'emprunt de neuf millions, la somme de cinq cent mille livres pour être employée sur-le-champ au soulagement des familles indigentes de Strasbourg.

21 brumaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Sur le compte-rendu de la malpropreté des hôpitaux, les représentants du peuple arrêtent que la municipalité de Strasbourg tiendra deux mille lits prêts dans vingt-quatre heures, chez les riches de Strasbourg, pour être délivrés aux soldats ; ils y seront soignés avec le respect dû à la vertu et aux défenseurs de la liberté. Il sera fourni des chevaux aux chirurgiens pour faire leurs visites.

24 brumaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Tous les manteaux des citoyens de la ville de Strasbourg sont en réquisition ; ils devront être rendus demain soir dans les magasins de la République. La municipalité est chargée de l'exécution du présent arrêté.

27 Brumaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 


Proclamation des représentants du peuple, etc.

Les citoyennes de Strasbourg sont invitées de quitter les modes allemandes puisque leurs cœurs sont français.

25 brumaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., chargent la municipalité de faire abattre dans la huitaine toutes les statues de pierre qui sont autour du temple de la Raison, et d'entretenir un drapeau tricolore sur la Tour du Temple (1)

4 frimaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que tous les vases des temples de Strasbourg et les dons patriotiques des citoyens seront transférés à Paris. Ils invitent la municipalité à choisir deux de ses membrés pour présenter lesdits vases et dons à la Convention.

4 frimaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Il est défendu à toutes personnes qui n'exercent point de fonctions militaires de se promener dans les fortifications et sur les remparts de Strasbourg.

Les représentants, etc.
4 frimaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Le comité de surveillance de la ville de Strasbourg nommera sur l'heure un de ses membres pour remplir provisoirement les fonctions d'accusateur près le tribunal révolutionnaire.

Les représentants, etc.
20 frimaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 


Au comité de surveillance.

Nous vous invitons à nous proposer sur-le-champ un citoyen propre à remplir les fonctions d'accusateur public près le tribunal révolutionnaire.

Les représentants, etc.
26 frimaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Les représentants, etc., arrêtent que le comité de surveillance de Strasbourg présentera une liste de huit patriotes pour compléter le nombre des membres du directoire du département du Bas-Rhin.

26 frimaire, an 2.
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Il est ordonné au tribunal du département du Bas-Rhin de faire raser la maison de quiconque sera convaincu d'agiotage ou d'avoir vendu à un prix au-dessus du maximum.

Les représentants, etc.
3 nivôse, an 2,
SAINT-JUST. - LEBAS.

 

Provisoirement et jusqu'à l'établissement de l'instruction publique, il sera formé dans chaque commune ou canton du département du Bas-Rhin une école gratuite de langue française. Le département du Bas-Rhin prendra, sur les fonds provenant de l'emprunt sur les riches, une somme de six cent mille livres pour organiser promptement cet établissement, et en rendra compte à la Convention.

9 nivôse, deuxième année.
SAINT-JUST. - LEBAS.



Logo

© Philippe Royet 1996-2007
Notes et Archives 1789-1794